« Nous avons si peur que je sois à nouveau
enceinte. »
Vous aviez commencé à acheter des livres de bébé, à chercher
des prénoms, à magasiner pour un lit de bébé et,
même, à annoncer la bonne nouvelle : vous attendiez
un enfant. Vous ne vous attendiez toutefois pas à perdre cette
vie à peine commencée. Pourtant, une grossesse sur trois
s’interrompt avant que le fœtus puisse vivre hors du corps
de sa mère. Encore plus de femmes font une fausse couche très
tôt, soit durant les premières semaines suivant la conception,
et dans bien des cas sans même savoir qu’elles étaient
enceintes. Les raisons à l’origine d’une interruption
de grossesse, incluant l’accouchement d’un bébé mort-né et
la fausse couche, ne sont pas toujours claires.
Ce qui aide le plus à surmonter la perte d’un
bébé à la suite d’une fausse couche, c’est
de savoir qu’une femme a 70 % à 80 % de chances
de mener sa prochaine grossesse à terme.
Lui dire adieu
Le deuil est un travail de réajustement à la vie après
une perte. Bien des parents pleurent la personne qu’aurait pu
devenir leur bébé. Ils s’en remettront, mais il
leur faudra du temps.
Les femmes qui deviennent enceintes dans les six mois suivant la perte
d’un bébé peuvent avoir plus de mal à vivre
leur deuil. S’il est naturel de vouloir être à nouveau
enceinte, il faut du temps pour comprendre ses émotions. Un
homme et une femme ne vivent pas leur enthousiasme face à la
grossesse de la même façon : il en est de même
de la perte d’un bébé. Pour certains hommes, l’interruption
d’une grossesse peut être très difficile si seule
la femme reçoit les condoléances et le soutien. Les femmes
partagent plus facilement que les hommes leurs sentiments de tristesse
et de perte. La façon d’exprimer un sentiment de perte
est très personnelle. Les deux partenaires doivent se soutenir,
tout en essayant de comprendre ce que l’autre éprouve
et en quoi son expérience du deuil peut différer.
Les sentiments causés par la perte d’un bébé vont
de la tristesse à la sensation de vide, en passant par le désespoir,
la colère et le blâme. Bien qu’il n’y ait
pas de raison médicale claire à de nombreuses interruptions
de grossesse, les parents peuvent se sentir anxieux et jeter ou accepter
le blâme relativement à cet événement.
Un nouveau départ
Être prête à vivre une autre grossesse dépend
de bien des facteurs : votre santé, votre rétablissement émotionnel,
votre relation, etc. L’homme et la femme arrivent à mieux
gérer la peur et l’appréhension d’une interruption
de grossesse en s’informant à ce sujet et en discutant
le plus possible.
Que votre perte soit liée à une fausse couche ou à l’accouchement
d’un bébé mort-né, récente ou plus
ancienne, l’homme et la femme doivent faire face à leurs
sentiments. Le couple doit savoir quand il sera prêt à concevoir
de nouveau. La réponse n’est pas toujours simple. Pensez à ce
qui vous convient le mieux. Il n’y a pas de bon ou de mauvais
moment pour être de nouveau enceinte. Chaque couple est différent.
Comparez vos réponses et voyez si vous en êtes au même
point tous les deux.
La tristesse est un sentiment normal. Et parfois, elle peut mener à la
dépression. Si vous notez des changements dans vos activités
courantes (appétit, sommeil, rapports sexuels, consommation
de drogues ou d’alcool), dans vos relations ou au travail, demandez
de l’aide. Il est grand temps de prendre soin de vous.
Le deuil est l’un des sujets les plus difficiles à aborder,
en particulier lorsqu’il s’agit de la perte d’un
bébé. C’est le genre de perte à laquelle
nous nous attendons le moins et pour laquelle nous sommes le moins
préparés. Parler à d’autres femmes, à vos
parents et à vos amis de leur expérience à la
suite de la perte d’un bébé pourrait vous aider à faire
votre deuil. Souvenez-vous que vous n’avez pas à vivre
cette expérience en solo.
Ressources
locales
Le programme Perinatal Bereavement
Services Ontario : www.pbso.ca ou
1-888-301-7276